L’autre monde

Comme l’évoquait Susan Sontag dans son essai « Sur la photographie » en 1977, la photographie est par essence nostalgique : elle transforme le présent en passé.
Par sa série “L’autre Monde”, Elodie Poirier explore la possibilité d’un monde organique existant au-delà du réel : un univers fragile et inconstant, appartenant aux abysses du temps. À travers ses images, l’artiste aborde notre rapport au temps qui passe, à l’identité fluctuante et à une destinée commune : le vieillissement de l’enveloppe et la mort de l’âme.

Diparaître

« Je ne pense plus à mourir. Or, il m’arrive de vouloir disparaître. D’une certaine façon, il s’agirait d’un retour à l’enfance. Quand je me reconnaissais coupable de quoi que ce soit, ça me frappait comme un éclair. J’aurai voulu m’évanouir dans l’air. J’y pense encore parfois : dans un  » pouf  » magique, laisser là quelques amas de linge. Ou plus simplement : conduire jusqu’au bout de la route. »

Prendre Corps, Catherine Voyer- Léger

Polaroid Spectra et paillettes, 2018

The Witches

« Où que je le rencontre, le mot « sorcière » aimante mon attention, comme s’il annonçait toujours une force qui pouvait être mienne. Quelque chose autour de lui grouille d’énergie. Il renvoie à un savoir au ras du sol, à une force vitale, à une expérience accumulée que le savoir officiel méprise ou réprime. J’aime aussi l’idée d’un art que l’on perfectionne sans relâche tout au long de sa vie, auquel on se consacre et qui protège de tout, ou presque, ne serait-ce que par la passion que l’on y met. La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie. »

Sorcières, de Mona Chollet